La Cemaat et le gouvernement retardent la confrontation finale : rapport d’évaluation des dégâts 5

25.07.2016 ovipot.hypotheses.org
Traduit par: Isabelle Gilles / ovipot.hypotheses.org/14376
Orjinal Metin (tr-20/02/2014)

L’article original a paru dans le quotidien Vatan le 20 février 2014 sous le titre “Cemaat ve hükümet nihai kapışmayı erteliyor: Hasar tespit raporu-5”.

J’ai publié mon premier rapport concernant la guerre opposant la Cemaat au gouvernement le20 décembre 2013 et le quatrième, dernier en date, le 10 janvier 2014.
Dans ses derniers développements, les dégâts des deux côtés ainsi que les dommages collatéraux ont été nombreux. Le pronostic que j’avais avancé, selon lequel « personne ne sortira vainqueur de cette guerre, il s’agira d’établir de quel côté les pertes sont les moindres » se vérifie.
Cependant, notre dernière analyse ne nous permet pas d’avoir une idée claire sur la nature des pertes et des perdants, et il semble bien qu’il en sera encore longtemps ainsi.

Recherche victoire désespérément
Hakan Altınay, un ami, résume comme suit les événements récents :
De part et d’autre, le prix de la défaite va en augmentant, c’est pourquoi chaque camp recherche une victoire rapide et se comporte en pillard envers les restes épargnés par la guerre.
Je souscris à cette vision et voudrais y apporter quelques précisions.
Il est certain que le conflit a escaladé et que plus le temps passe, plus le prix de la défaite augmente. C’est pour cette raison que tant la Cemaat que le gouvernement cherchent à y mettre un terme le plus rapidement possible. Nous avons toutes les raisons de penser que chacun dans son coin prépare arguments et occasions qui changeront le cours des événements, voire mettront un terme au conflit.
Mais comme je l’ai écrit dans mon article « Pourquoi l’opération « état parallèle » ne débute-t-elle pas ? », ces grandes manœuvres stratégiques qui mèneront à la confrontation finale sont sans espoir de retour en arrière, et mal exécutées, causeront de lourds dommages à ceux qui les exécutent plutôt qu’à leur cible. C’est pour ces raisons qu’elles sont sans cesse repoussées.

Faire porter le poids de la guerre aux autres
Dans ces conditions, les belligérants cherchent à entraîner des tiers dans la guerre, de façon à minimiser les dégâts dans leurs rangs et maximiser les dégâts chez l’ennemi. La Cemaat approche ainsi des intellectuels ayant des démêlés avec le Premier ministre et de son côté le gouvernement fait les yeux doux à certaines personnes ou groupes, par exemple les confréries islamiques qu’il a réussi à rallier à sa cause.
Même si, comme nous l’avons vu pour la loi Internet et le verrons probablement pour celle concernant le HSYK, le président Abdullah Gül ne penche pas pour le gouvernement, ceux qui auraient souhaité un soutien – même indirect- de sa part en ont été pour leurs frais. De la même manière, au sein du mouvement kurde, et bien que les preuves de contacts entre le MİT (de facto, le gouvernement) et Abdullah Öcalan à propos des massacre de Roboski et Paris ont fait leur apparition dans la presse, personne n’a jeté d’huile sur le feu, ce qui a permis au gouvernement de respirer.

Le grand perdant : les médias
Depuis le 17 décembre, la guerre opposant à l’origine la Cemaat et le gouvernement, c’est-à-dire en fait Fethullah Gülen et Recep Tayyip Erdoğan, a entraîné dans son sillage nombre de personnes et d’institutions.
Cependant, s’il fallait désigner un grand perdant, ce sont les médias -dont la réputation était déjà au plus bas- qui remportent le trophée sans l’ombre d’un doute.
La multiplication sur les réseaux sociaux d’écoutes téléphoniques diffusées par les deux camps pour se nuire mutuellement à la manière de coups de poker nous ont permis de découvrir que deux paires d’yeux (Erdoğan et Gülen) surveillent constamment les médias nationaux.
D’un autre côté, nous assistons à une guerre épouvantable entre journalistes et journaux qui, hier inséparables, ont travaillé à façonner le paysage médiatique sur mesure pour le pouvoir par le biais d’associations professionnelles fondées conjointement.
Autrefois, les organes de presse de l’« état parallèle » jetaient l’anathème sur nos collègues dans leurs éditoriaux, sur leurs sites web ou leurs émissions télévisées, immédiatement suivis de leur arrestation ordonnée par des procureurs spéciaux sur des motifs « non divulgables » (comprendre inexistants).
Aujourd’hui, il se dit que des proches du gouvernement appellent certains de nos collègues, les enjoignant à être prudents dans leur propos.
Tout ce que nous pouvons faire est espérer que cette supposition soit fausse.




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