L’EIIL: à la fois régional et global, à la fois Al Qaida et Taliban

12.07.2014 Vatan
Traduit par: Haldun BAYRI /
Orjinal Metin (tr-07/07/2014)

Ayant attiré l’attention de tous en s’emparant de Mossoul, l’ÉIIL (l’État islamique en Irak et au Levant – ÉI de son nouveau nom, c’est-à-dire État islamique) a déclaré fin juin avoir fondé un califat étatique englobant certaines régions d’Irak et de Syrie. Il déclare également que son dirigeant Abou Bakr al-Baghdadi est devenu calife, et qu’il est du devoir de tous les Musulmans du monde de lui prêter allégeance.
Sur les comptes des médias sociaux contrôlées par l’ÉI, sont annoncées, venues des quatre coins du monde, les nouvelles de déclarations d’allégeance de la part de personnalités aux visages couverts, que l’on prétend représenter certains groupes radicaux islamistes. Nous savons cependant que ces prétentions n’ont pas reçu d’accueil réellement sérieux.

Al Qaida se fait du souci

D’ailleurs, d’une façon générale, nous n’observons pas qu’il y ait eu beaucoup d’échos à cette déclaration de califat, ni de la part de l’opinion publique internationale ni de la part de l’opinion publique musulmane. Il semble que l’on pense qu’il s’agit d’une situation provisoire et que, sous peu, les grandes puissances qui accompagnent les acteurs régionaux liquideront l’ÉI. Évidemment, pour pouvoir réussir une telle manœuvre, il faudrait pouvoir répondre, d’une façon ou d’une autre, aux revendications des communautés sunnites d’Irak et de Syrie : celui qui y arrivera, aura réussi à résoudre une énigme.
Les chefs d’Al Qaida sont au premier rang de ceux qui scrutent de près et avec inquiétude la progression de l’ÉI. Ils se sont par exemple opposés tout de suite à la déclaration du califat, qu’ils ont qualifiée de « tentative de coup contre le djihad global ». Ils ont voulu rendre suspecte la tentative en soulignant l’ignorance dans laquelle on se trouve concernant les vrais acteurs derrière la déclaration du califat et le fait qu’Abou Bakr al-Baghdadi ait jadis été arrêté par les Américains ; ils ont souligné aussi qu’aucune image de lui n’avait été mise en circulation depuis sa libération au mois de décembre 2004.   
Ce sont ces rumeurs et le désir de les écarter qui pourraient être à l’origine de la mise en circulation récente sur YouTube des enregistrements extrêmement professionnels d’Ibrahim Avvad Ibrahim Ali Mohammed al Badri de son vrai nom, Abou Bakr al-Baghdadi (« Calife Ibrahim » avec son nouveau titre) pendant qu’il prêche dans une mosquée de Mossoul un vendredi, et dont on affirme qu’il aurait fait un doctorat en théologie.

Nouveaux Talibans?

On débat depuis longtemps sur les rapports entre ÉIIL/ÉI et Al Qaida. Pendant son prêche de vendredi, avec sa robe et son turban noirs, al-Baghdadi ne ressemblait ni à Ousama Bin Laden ni à son successeur Ayman al-Zewahiri. Il ressemblait plutôt à Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah libanais contre lequel ses fidèles combattent pourtant souvent en Syrie (et il est certain qu’un tel rapprochement n’est pas une analogie agréable pour un ennemi juré du chiisme…).
Il y a aussi bien sûr Mollah Mohammed Omar, l’ancien émir des Talibans en Afghanistan, que l’on n’a pas vu depuis longtemps. Le journaliste pakistanais Ahmed Rachid, l’un des plus grands spécialistes des Talibans, dans un commentaire qu’il a fait après la proclamation du califat (ISIS: The New Taliban), a avancé qu’il n’était pas juste de faire une analogie entre l’ÉI et Al Qaida : ce qui est en train de se passer, c’est la mise en place des fondations d’un nouveau régime de Talibans en Irak et en Syrie ; il n’a évidemment pas négligé de souligner que l’ÉI est un ennemi juré et impitoyable des Chiites, bien plus que les Talibans et Al Qaida.
La plus grande impasse dans laquelle a échoué Al Qaida repose sur son incapacité à offrir des acquis tangibles à ses supporters, tandis que l’ÉI semble avancer de son côté en offrant d’emblée un État islamique, et le califat en prime. Mais il est évident que le plus grand rêve de l’ÉI et d’al-Baghdadi est de prendre le leadership du djihad global après avoir assis solidement cet État en Irak et en Syrie. Il serait donc plus intelligible de ne pas considérer l’ÉI ni comme les Talibans ni comme Al Qaida, mais plutôt comme les Talibans et Al Qaida réunis.
 
Nota Bene : En Afghanistan, il n’y avait que des Afghans dans le corps des Talibans, et que des volontaires étrangers dans Al Qaida, et ils agissaient en coordination. Aujourd’hui, des éléments locaux (Irakiens et Syriens) et des volontaires étrangers se retrouvent ensemble dans le corps de l’ÉI. Donc l’ÉI est une sorte de coalition régionale et globale.

Un dernier mot : Il ne serait pas étonnant que les chefs d’Al Qaida, que la popularité grandissante de l’ÉI dérange profondément, s’adonnent à nouveau à des actions globales spectaculaires auxquelles ils ne recourent plus depuis quelque temps, afin de contrer cette popularité.




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